Solvay entretient des liens étroits avec la recherche universitaire

Solvay croit dur comme fer dans les vertus de l'innovation ouverte, et collabore fréquemment avec différents partenaires dans le cadre de projets de recherche & développement. Le Groupe participe notamment à d’importants travaux de recherche avec le monde universitaire, à l’échelle internationale.

Fondateur d’une entreprise dont l’activité reposait entièrement sur la science, Ernest Solvay avait parfaitement conscience de la nécessité de maintenir des liens étroits avec la recherche fondamentale.

C’est dans cet esprit qu’il a créé les célèbres conférences Solvay sur la physique et la chimie, qui ont réunit les plus éminents scientifiques du début du 20ème siècle, et qu'il a personnellement sponsorisé les projets de recherche de certains confrères.

Aujourd’hui, Solvay perpétue cette tradition en renforçant ses liens avec le monde universitaire via des collaborations avec des universités et instituts de recherche à travers le monde. Le mois de novembre 2019, qui a marqué le 80ème anniversaire du CNRS, institut de recherche public français partenaire de Solvay depuis plus de trois décennies, a également été choisi par le président du National Institute of Advanced Industrial Science and Technology (AIST), l’institut technologique japonais avec lequel Solvay a récemment conclu un partenariat, pour visiter le siège du Groupe. Le moment est donc parfaitement approprié pour faire le point sur les liens étroits existant entre Solvay et la recherche universitaire, et Patrick Maestro, Directeur Scientifique du Groupe, responsable de ces partenariats, est tout indiqué pour en
parler.

Nous innovons mieux ensemble

La collaboration avec la recherche fondamentale a-t-elle toujours été un rouage important de la politique d'innovation ouverte de Solvay ?

Patrick Maestro : Absolument, mais il ne faut pas oublier que ce que nous appelons “innovation ouverte” s’étend au-delà de nos relations avec le monde universitaire. Solvay collabore avec ses clients, avec des startups et même avec des concurrents afin de progresser et d’innover ensemble, car personne ne peut prétendre pouvoir tout faire seul. Tous ces liens font partie de notre héritage. La collaboration avec la recherche théorique a toujours été dans l'ADN de Solvay, car nous savons que la science est indispensable pour enrichir les connaissances de nos équipes et identifier les domaines avec un fort potentiel d'innovation. Par nature, le monde universitaire nous a toujours devancés dans la recherche.


Il s’agit donc de trouver de nouvelles opportunités commerciales, de nouveaux produits et solutions…?

P.M.: C’est en effet notre priorité, mais pas seulement. La collaboration avec la recherche universitaire offre d’autres avantages, comme par exemple la formation de jeunes chercheurs qui finissent souvent par rejoindre notre Groupe. Elle nous donne accès à un vivier d’étudiants parmi les plus brillants, qui possèdent des talents et compétences clés pour Solvay. Ces partenariats sont également une source de motivation importante pour nos propres chercheurs, qui sont constamment confrontés à de nouvelles idées et personnes.

UN RÉSEAU MONDIAL de chercheurs et de partenaires universitaires

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Ces liens étroits avec le monde universitaire sont-ils monnaie courante ou propres à Solvay ?

P.M. : Solvay possède un énorme avantage, celui d’être reconnu par le monde universitaire non pas uniquement comme un groupe industriel doté de capacités financières, mais surtout comme un partenaire scientifique à la fois sérieux et crédible. Or le respect mutuel est un élément fondamental dans ce domaine. Notre réputation nous ouvre l’accès aux plus grands scientifiques de notre époque, qui viennent dans nos laboratoires évaluer nos projets et partager des idées. C’est très important non seulement pour l’avenir de Solvay à long terme, mais également pour nos projets et développements en cours. Nous avons ainsi la chance de recevoir fréquemment la visite de Ben Feringa, le chimiste organique hollandais qui a remporté le Prix Solvay avant de recevoir un prix Nobel en 2016. Je l’ai invité à rejoindre  notre Comité consultatif scientifique, et ses discussions passionnées avec nos  collaborateurs et chercheurs sont motivantes et encouragent ces derniers à repousser leurs limites. Contrairement à ce que les gens peuvent penser, la plupart de ces éminents scientifiques apprécient de pouvoir partager leurs idées et connaissances avec le monde industriel. Et lorsque l’on met des chercheurs industriels et universitaires en ensemble, cela crée une forte émulation, car tous sont animés par une même passion.

C’est en enrichissant les compétences sur le long terme avec nos partenaires universitaires que nous pouvons également contribuer à  l’accomplissement de nos objectifs commerciaux à court terme.

Patrick Maestro, Directeur Scientifique du groupe Solvay

Un réseau international de collaborations


Pouvez-vous nous expliquer la nature des partenariats entre Solvay et les laboratoires de recherche ?

P.M. : Il existe différents modèles de collaboration. Le plus simple est un contrat de recherche avec un laboratoire donné, portant sur un sujet spécifique. Nous concluons parfois des contrats plus longs, généralement d'une durée de trois ans, dans le but de travailler sur un sujet spécifique et d’améliorer notre niveau d'expertise dans des domaines comme les polymères ou la science des matériaux. Le modèle de collaboration le plus poussé prend la forme d’un partenariat à long terme avec des instituts de recherche sélectionnés avec soin, comme l’EPFL en Suisse, l’AIST au Japon et, espérons-le bientôt, l’Université de Chicago, qui possède des laboratoires à l’avant-garde de la recherche dans des domaines qui nous intéressent. Nous veillons à ce que nos partenariats coïncident avec les segments prioritaires identifiés dans notre stratégie “GROW”, à savoir les matériaux, la chimie et les solutions, ainsi qu'avec les compétences clés dans la science des matériaux, la matière molle, la catalyse, etc. Dans chaque cas, les relations personnelles revêtent une importance primordiale, car le courant doit passer entre nos équipes.

Solvay a conclu son partenariat le plus important avec le CNRS. En quoi consiste-t-il exactement ?

P.M. : Et bien, nous avons créé ensemble quatre laboratoires conjoints, où nos équipes de chercheurs respectives travaillent de concert sur des sujets spécifiques. Elles travaillent sur la science des matériaux à  Lyon, sur les microfluides et le criblage à haut débit à Bordeaux, sur la chimie organique à Shanghai et sur les formulations avancées à Bristol, en Pennsylvanie. Cette collaboration avec plusieurs laboratoires d’une seule et même organisation est la plus poussée. Elle est l’aboutissement d’un partenariat de trente ans qui a commencé avec Rhodia, désormais membre du Groupe, qui avait initié un contrat cadre avec le principal institut de recherche français.
 
Ainsi que vous l’avez mentionné, Ryoji Chubachi, président du National Institute of Advanced Industrial Science and Technology (AIST) japonais, a effectué une visite au siège social de Solvay. Pouvez-vous nous en dire plus sur notre partenariat avec cet institut ?

P.M. : Il a été conclu il y a juste quelques mois, et les choses avancent vite. Solvay est le seul groupe industriel étranger à avoir noué une telle relation avec cet institut. Je ne peux pas trop vous en dire, mais nous menons actuellement deux projets ensemble, et tout se déroule parfaitement. Nous soumettons à notre partenaire une problématique pour laquelle nous ne disposons pas des compétences et outils nécessaires en interne. Mais nous sommes également à l’écoute de ses suggestions lorsqu’il nous propose des sujets de recherche. Il existe une forte complémentarité entre Solvay et l’AIST en termes de compétences, par exemple dans le domaine de la synthèse des produits chimiques de spécialité, permettant de réduire les émissions de CO2 et d’améliorer la gestion efficiente des ressources. Nous avons conclu le même modèle de partenariat avec l’EPFL de Lausanne, avec lequel nous travaillons sur des projets liés à la modélisation et aux outils prédictifs.
 

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Pouvez-vous citer d’autres universités et instituts de premier plan avec lesquels Solvay collabore actuellement ?

P.M. : Nous avons par exemple conclu un partenariat avec l’Université de Stanford il y a maintenant deux ans et sommes actuellement en pourparlers avec l'Université de Chicago, dont les travaux dans le domaine de l’énergie coïncident parfaitement avec les nôtres. En Asie, les travaux que nous menons dans le centre de recherche situé sur le campus de l’université EWHA à Séoul portent notamment sur la batterie du futur, sans parler bien sûr de notre laboratoire conjoint E2P2 de Shanghai dédié à la chimie durable, créé avec le CNRS et d’autres partenaires tels que l’East China University of Science and Technology et l’East China Normal University qui nous a rejoint la semaine dernière, et dont les ressources ont été multipliées par deux grâce aux renforts de deux laboratoires ouverts dans les universités de Lille et Poitiers.
 
Outre le fait de stimuler ses équipes de recherches, quels sont les avantages que tire Solvay de ces collaborations au quotidien ?

P.M. :  Comme je l’ai déjà mentionné, la collaboration avec ces laboratoires nous donne accès à de nouveaux talents, mais nous permet également d’avancer beaucoup plus rapidement. Si nous devions acquérir toutes ces compétences et capacités diverses et variées en partant de rien, cela nous prendrait des années, ou serait même tout simplement impossible. Par ailleurs, mettre sur pied ces collaborations nécessite une vision à long terme, qui fait également partie de l’ADN de Solvay. Et c’est en enrichissant ces compétences sur le long terme que nous pouvons également contribuer à l’accomplissement de nos objectifs commerciaux à court terme.