Dynamiques et visionnaires, les frères jumeaux Torsten et Bjorn Robbens ont racheté la marque belge Saroléa, qui est l’une des plus anciennes marques de motos au monde. Découvrez leur point de vue sur l’écomobilité, leur passion pour la technologie et la course, leur collaboration avec Solvay et leur vision de l’avenir...

 

Que pouvez-vous nous dire sur vous-même et sur Saroléa aujourd’hui ?

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Torsten Robbens: Je suis Directeur Technique de Saroléa. J’ai travaillé dans la Formule 1 et au Mans, ainsi que dans la fabrication d’instruments optiques pour les applications spatiales et les satellites. En 2010, j’ai acquis les droits de la marque Saroléa, une entreprise belge qui a commencé à construire des motos en 1901, à une époque où on comptait seulement quatre autres fabricants dans le monde. La marque était reconnue pour sa fiabilité et la qualité de sa fabrication. L’usine a hélas fermé pendant la seconde guerre mondiale, avant de subir l’afflux massif de motos japonaises sur le marché européen. Saroléa a continué de fabriquer des pièces pour motos jusqu’au début des années 1970.

Bjorn Robbens: Je suis le PDG de Saroléa. Après avoir étudié l’informatique, j’ai travaillé pour plusieurs entreprises avant de fonder la mienne en 2010, spécialisée dans les logiciels de gestion de la relation client. En 2012, j’ai cédé mon entreprise à un groupe international et rejoint mon frère Torsten chez Saroléa. J’ai également travaillé dans la Formule 1, mais mon objectif est avant tout de garantir le succès de notre marque. Notre projet initial se limitait aux motos de course, mais nous avons réorienté l’entreprise vers la production de motos de route.

Nos produits reposent sur la technologie, que ce soit dans les domaines des batteries, des logiciels et de la communication. Nos motos sont par exemple équipées de la 4G. Nous utilisons les technologies de l’apprentissage automatique et de l’intelligence artificielle pour améliorer la performance et la sécurité de nos produits.

Nous faisons partie des premiers fabricants à intégrer nos batteries dans des boîtiers composites, et c’est là que le savoir-faire en matière de composites entre en jeu. Nous avons l’avantage d’avoir une équipe très diversifiée, avec des membres venus de divers horizons comme l’aéronautique, l’automobile, l’informatique et la sécurité. Avec toutes ces connaissances, nous sommes en mesure de créer un produit qui va changer la donne dans le secteur de la mobilité.

 

Pourquoi  Saroléa et pas une autre marque de moto ?

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Torsten: Notre grand-oncle était pilote d’usine pour la marque dans les années 50, aussi fait-elle partie de notre famille. Cette marque a une longue histoire, et nous avons voulu recréer une entreprise qui fabrique des motos électriques très performantes.

 

La moto a-t-elle toujours été votre passion ? 

Torsten: Oui, mon frère et moi pilotons des motos depuis l’âge de trois ans. Je m’intéresse personnellement à l’aspect technique. Je fais de la moto régulièrement, mais c’est l’aspect technologique, à savoir la numérisation, les matériaux composites et les batteries, qui nous  donne l’envie de réaliser quelque chose d’unique, qui corresponde à l’orientation que prend le monde. Nous sommes férus de technologie et soucieux de l’environnement, et nous espérons que notre marque contribuera à la mobilité du futur.

 

Combien de motos produisez-vous en moyenne chaque année ? 

Bjorn: Nous en sommes encore au stade de pré-production. Nous avons vendu 11 machines, et projetons de construire et de vendre environ 80 motos au cours des 12 prochains mois. Nous ambitionnons de passer progressivement à 260, puis à environ 600, et enfin d’atteindre le chiffre de 1 200 motos par an dans les cinq ans. Cela restera une production limitée d’un produit de niche haut de gamme. Notre moto est relativement chère, mais utilise des matériaux performants et la meilleure technologie de batterie disponible. Nous essayons de repousser les limites, et le prix revêt une importance secondaire, pour nous comme pour nos clients.

 

Comment décririez-vous votre collaboration avec Solvay ? 

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Torsten: Nous sommes une startup qui espère se développer l’an prochain, et nous recherchons des partenaires capables de soutenir notre croissance. Nous avons pris contact avec le Directeur Recherche & Innovation et avec le Directeur des Installations de Solvay, et les avons convaincus des nombreux points de convergence existant entre Saroléa et Solvay, en termes de philosophie des produits et de notre vision de leur avenir. Nous avons implanté nos bureaux sur le campus de Solvay à Bruxelles, ce qui nous offre une opportunité unique.  

 

Quels sont ces principaux points de convergence ?

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Bjorn (à gauche) au Mans

Bjorn: Ils résident dans les matériaux et la technologie que nous fournit Solvay. Nous aspirons à devenir leaders du secteur des motos électriques. Le Groupe partage notre philosophie. Ernest Solvay a fondé son entreprise avec une philosophie similaire à celle de Monsieur Saroléa dans les années 1850, et nous sommes deux entreprises familiales belges. Solvay repousse constamment les limites de la technologie et innove. Ce groupe international est à l’avant-garde sur plusieurs marchés.

Torsten: Depuis que nous avons implanté nos bureaux ici sur le campus, nous nous sentons bien accueillis et respectés par les collaborateurs de Solvay, ce qui est très important pour nous. Leur énergie est contagieuse, et nous incite à parler avec des membres de différents départements tels que l’énergie et la communication. Ils nous donnent la motivation pour travailler encore plus dur, et de notre côté je crois que nous les inspirons d’une certaine manière. Ils constatent que leur travail débouche sur quelque chose de tangible.

Solvay a beau être une multinationale, nous la considérons comme une famille. Nous avons contacté un collaborateur de Solvay en Corée du Sud à propos de la technologie des batteries, et avons eu un échange très facile et ouvert. C’est ce qui rend Solvay très différents d’autres grandes multinationales.

 

Vous êtes déterminé à produire une technologie propre, novatrice et haut de gamme. Quel rôle joue Solvay pour vous aider à créer ce produit durable de grande qualité ? 

Torsten: Notre implantation sur le campus est récente, et nous sommes encore en train d’étudier les différents produits et possibilités que nous offre Solvay. Il est évident que les matériaux composites nous permettront d’alléger et d’améliorer la performance de nos motos. Solvay a mis au point une solution d’autoclave pour l’industrie aéronautique. Nous espérons qu’avec ces produits, nous pourrons fabriquer des motos consommant moins d’énergie et contribuant à réduire notre empreinte environnementale.

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Le second aspect est la sécurité, en particulier au niveau des batteries. Comment pouvons nous rendre les véhicules électriques plus sûrs ? Solvay nous offre différentes possibilités et synergies.

Bjorn: Nous souhaitons élaborer une feuille de route dans laquelle nous pourrions recycler 100% - ou la plus grande partie possible – de nos motos, batteries et bloc batteries. Nous devons savoir comment Solvay relève ces défis. Comment pouvons-nous recycler les structures composites ? Comment recycler les batteries afin de rendre la production efficiente ? Etre associé à une marque internationale comme Solvay, qui a fait du développement durable une priorité, donne du poids à notre marque.

 

Quelle est votre vision ? Quel est votre objectif pour les 2 à trois prochaines années ? 

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Bjorn et Torsten Robbens

Bjorn: Nos bureaux se trouvent désormais sur le campus de Solvay, et nous désirons également transférer notre unité de production et d’assemblage dans cet environnement stimulant. C’est notre prochain projet majeur.

Torsten: Nous souhaitons également développer nos ventes à l’international et devenir la marque de référence en termes de haute performance et de grande qualité.

Bjorn: Et nous désirons minimiser notre empreinte environnementale, y compris durant la production. Cela fait partie de notre philosophie. Nous fabriquons les meilleures motos possibles, afin qu’elles durent plus longtemps que tous les autres modèles. Nous voulons une batterie recyclable. Nous devons être capables de retirer l’ancienne batterie, de la recycler, et de remettre une nouvelle batterie afin que la moto puisse encore rouler pendant 5 à 10 années supplémentaires.  

 

Quelles sont les difficultés que Solvay peut vous aider à surmonter ? 

Torsten: Nous voudrions utiliser davantage la technologie d’impression 3D dans nos motos. Je crois savoir que cette technologie est relativement récente chez Solvay, et elle nous intéresse. Dans le domaine des composites, les produits sont déjà très bons, et il sera difficile de les améliorer, mais nous pouvons travailler sur le procédé de fabrication. Nous avons encore beaucoup à apprendre dans ce domaine, et nous espérons pouvoir trouver avec l’aide des ingénieurs le meilleur produit pour les différentes applications dans nos motos. Et nous n’insisterons jamais assez sur la sécurité des batteries.  

Torsten: Nous avons constaté chez Solvay la volonté de nous aider. Nous avons noué une relation exceptionnelle avec le Groupe, qui perpétue la philosophie de son fondateur.