Solvay lance un concours international invitant les étudiants à imprimer des pièces en 3D avec les polymères les plus performants. En organisant ce concours, Solvay souhaite encourager une nouvelle façon d’innover sur un marché stratégique.

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L’Additive Manufacturing Cup (AM Cup) lancée par Solvay cet automne est une première pour le Groupe. La GBU Specialty Polymers propose aux étudiants du monde entier d’imprimer deux objets en 3D avec une précision, une qualité et une performance optimales. Les équipes ont jusqu’à fin octobre pour soumettre leur candidature, et le lauréat sera désigné en mars 2018.

Pourquoi cibler la population étudiante au lieu de startups spécialisées ? Ce n’est pas le fruit du hasard. “La fabrication additive est une technologie qui combine le secteur de la fabrication et l’univers numérique,” déclare Christophe Schramm, Directeur des nouvelles technologies chez Specialty Polymers, qui est à l’initiative du projet. “Cette technologie va transformer de nombreuses industries au cours des prochaines décennies, et c’est la raison pour laquelle nous avons voulu cibler les gens qui seront aux responsabilités dans dix ou vingt ans.” Qui plus est, un tel concours offre aux étudiants l’opportunité de mettre en pratique leurs connaissances théoriques, d’ajouter une expérience prestigieuse à leur CV et de faire de leur passion une vocation.

Le projet a également pour objectif d’encourager l’innovation, et il est par conséquent logique de faire appel aux jeunes générations. “Nous avons étudié différentes options en matière d’innovation ouverte, comme le financement participatif ou les hackathons, avant d’opter pour un concours destiné aux étudiants, qui sont dynamiques et généralement plus favorables à l’innovation radicale”, explique Amaury de Francquen, chef de projet pour l’AM Cup.

 

Innover différemment pour explorer de nouveaux marchés

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La fabrication additive doit son nom au fait que cette technologie consiste à accumuler des couches de matériaux pour fabriquer une pièce au lieu de prélever des matériaux d’un bloc, comme cela a été le cas pendant des siècles. “La fabrication additive représente un changement de paradigme”, affirme Christophe Schramm, “en procurant davantage de liberté dans la conception des pièces, que ce soit au niveau de la forme ou de la structure interne. Elle pourrait changer la donne dans des industries utilisant des pièces complexes comme le secteur médical ou l’aéronautique.”

Ce concours revêt une importance stratégique. Dans un marché naissant tel que l’impression 3D haute performance, l’innovation joue un rôle clé, et l’AM Cup a également pour objectif de “changer la manière dont nous abordons l’innovation”, précise  Christophe Schramm. “Je pense que ce type de concours incarne une nouvelle manière de concevoir des solutions novatrices, en interagissant davantage avec le monde extérieur à Solvay. Il ne s’agit pas d’un gadget, et cela peut apporter une contribution très importante à notre stratégie.”

Solvay se positionne sur le marché de la fabrication additive en tirant profit de son portefeuille unique de polymères haute performance. A ce jour, la majeure partie de l’impression 3D utilise des plastiques de qualité inférieure. L’introduction de polymères de spécialités dotés de propriétés supérieures sur le plan de la résistance mécanique, thermique et chimique va véritablement changer la donne en ouvrant le champ à des applications jusqu’alors inenvisageables. “Nos clients réclament des polymères plus performants pour la fabrication additive, et nous sommes en mesure de répondre à leurs attentes”, confirme Christophe Schramm, en ajoutant que Solvay cherche à “offrir la gamme la plus vaste possible de matériaux adaptés à la fabrication additive pour les technologies d’impression 3D.”

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Le rôle du PEEK

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Il existe actuellement deux principales technologies de fabrication additive utilisant des polymères thermoplastiques : la fabrication par filament fondu (FFF), dans laquelle les filaments sont fondus et déposés pour réaliser une pièce, et le frittage sélectif au laser (SLS), dans le cadre duquel une poudre est fusionnée par un laser pour créer une forme. En tant que fabricant de premier plan  

de thermoplastiques haute performance, Solvay peut fournir à la fois les filaments et la poudre pour ces deux technologies. Le Groupe offre par ailleurs une série de services annexes comme la modélisation et les essais des performances mécaniques des pièces imprimées.

Pour en revenir à l’AM Cup, les candidats utiliseront des filaments de PEEK (Polyétheréthercétone), l’un des thermoplastiques les plus performants disponibles à ce jour, qui allie une forte robustesse mécanique et une bonne résistance chimique (permettant d’imprimer une pièce capable de résister à des désinfectants agressifs tels que ceux utilisés dans le secteur médical, ou à des agents nettoyants dans une cabine d’avion). “La résine PEEK est délicate à utiliser car elle nécessite une température de fusion très élevée, et les étudiants devront adapter leurs machines en conséquence”, souligne Brian Alexander, directeur de la fabrication additive.

Le concours aura lieu en deux temps : les équipes devront tout d’abord imprimer une forme simple à partir d’un fichier 3D fourni, et les meilleures seront ensuite sélectionnées pour la deuxième phase, au cours de laquelle elles devront reproduire une forme particulièrement complexe. Nous connaîtrons l’équipe gagnante au printemps prochain. Entre temps, une chose est sûre : l’impression 3D haute performance a tout à y gagner.