L'Association Chimie Du Végétal fête ses 10 ans ! Solvay, fidèle partenaire !

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Pour les 10 ans de l’Association Chimie Du Végétal(ACDV), nous avons interviewé son président, François Monnet*. 
 
Comment décririez-vous la chimie du végétal ?
La chimie du végétal consiste à utiliser les ressources renouvelables plutôt que fossiles pour la fabrication de très nombreux produits chimiques. Ces matières premières renouvelables, ou biomasse, sont constituées des végétaux (céréales, son de riz, guar, bois…) et de leurs dérivés issus des industries de première transformation des végétaux, de l’industrie alimentaire (amidon, huile…) ou de l’industrie du bois (cellulose…). Grâce à leurs nombreuses propriétés, ces bioressources offrent aux chimistes de nouvelles fonctionnalités qui permettent de concevoir de nouveaux matériaux à forte valeur ajoutée.
 
Comment cette combinaison du végétal et de la chimie peut-elle créer de la valeur ? 
Les produits issus de la chimie des matériaux tiennent leurs propriétés de la structure de la matière utilisée au départ. Prenons l’exemple de Novecare et de son travail sur le guar, un épaississant. La molécule est en fait un polymère de sucre, au même titre que l’amidon ou la cellulose. Ce ne sont pourtant pas les mêmes structures car les molécules individuelles de sucre (les monomères) ne sont pas polymérisées de la même façon, la nature ayant fourni des variations autour de ces polymères de sucre. La structure particulière du guar a une capacité d’épaississement supérieure. Et vous n’obtiendrez pas le même effet si vous utilisez une autre structure. Tout l’art du chimiste réside dans sa méthodologie à utiliser et « exacerber » les propriétés intrinsèques du guar pour fournir des produits innovants, que ce soit dans les shampoings, les soins cosmétiques ou les additifs pour l’extraction pétrolière. 
 
Le monde du végétal et de la chimie peuvent-ils se rencontrer sans pour autant faire concurrence aux cultures alimentaires ?
Ce sujet a fait pleinement partie de notre analyse stratégique. Si un problème de compétition pour les ressources biosourcées devait se poser, c’est potentiellement entre les secteurs de l’alimentation et de l’énergie. Il ne faut pas confondre les biocarburants et les produits biosourcés, sachant que le monde de la chimie utilise dix fois moins de carbone que le monde de l’énergie !
Par ailleurs, la chimie vient de plus en plus en complément de l’industrie existante. Lorsqu’on raffine du bois ou de la betterave, on les décompose en leurs substances principales, ce qui génère des flux secondaires. C’est une véritable intégration entre chimie et industrie biosourcée qui s’opère, comme l’alimentation, le bois, la pâte à papier. Et le chimiste vient prendre ce qui reste pour créer plus de valeur. La chimie utilise ainsi une part extrêmement faible des ressources, surtout quand elle vient s’adosser aux industries existantes pour leur permettre de mieux valoriser certains flux. C’est donc un facteur d’efficacité économique et environnementale, puisque on valorise mieux toute la plante. 
 
Comment s’intègre la chimie du végétal dans la stratégie de Solvay ?
L’une des armes du Groupe est d’analyser les besoins de ses clients pour leur proposer la meilleure solution, et la développer notamment à partir de bioressources. Ce que font à des titres divers Novecare, Specialty Polymers, Technology Solutions, Coatis ou Aroma par exemple, et bien sûr Corporate R&I via son programme « Functionalised Biomolecules ». Nous avons la capacité de développer des business durables, innovants, dans un monde durable, tout en ayant un usage respecteux de la matière première. Ne pas utiliser de carbone fossile doit permettre aussi de diminuer notre empreinte environnementale.
Il existe par ailleurs une tendance sur les marchés à laquelle Solvay essaie de répondre par certaines de ses lignes business. Des clients dans la cosmétique comme L’Oréal, l’automobile avec Michelin ou même l’électronique grand public veulent augmenter la part de biosourcé dans leurs produits pour leur conférer un meilleur profil écologique car ils utilisent une ressource renouvelable.
 
Vous êtes président de l’Association Chimie du Végétal depuis 2016. De quelles dernières avancées êtes-vous le plus fier ?
Nous avons tout d’abord revu la structure des groupes de travail sur trois thématiques principales : le soutien économique à la filière, la compréhension des marchés aval et le développement durable. Cette démarche nous a permis de créer des outils permettant de mesurer le caractère durable de nos produits.
Je citerai aussi la participation de l’ACDV à tous les travaux nationaux lancés ces deux dernières années. Nous avons notamment été force de proposition aux Etats Généraux de l’alimentation, à la stratégie nationale de bioéconomie et celle de de mobilisation de la biomasse. 
Nous avons également développé, au sein du Conseil National de l’Industrie, une action commune entre les trois filières du bois, de l’alimentaire et de la chimie, afin de consolider cette industrie valorisant les ressources des deux premières et les compétences de la filière chimie. 
Enfin, le Congrès Plant Based Summit de 2017, auquel Solvay a participé activement, a été une belle réalisation en réunissant près de 600 personnes. Ces succès sont des marqueurs forts de travail. Nous travaillons à présent sur des décrets d’application de la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Notre objectif est d’aider à créer les conditions de marché pour que nos produits biosourcés, comme les détergents, soient mieux accueillis par les acheteurs des marchés publics.
 
Que feriez-vous si nous n’étiez pas chez Solvay ? 
Je me consacrerais à la vie publique pour me mettre au service des autres. J’y participe déjà un peu (le week-end ! ) puisque je suis élu au conseil municipal de mon village de 900 habitants. Et je suis plutôt un acteur de collaboration, un joueur d’équipe. J’ai joué au rugby et je sais que l’on ne peut pas gagner sans équipe ! J’ai d’ailleurs appliqué cette démarche aussi bien dans mon travail en usine, où l’intérêt collectif prime sur l’intérêt individuel, que dans une GBU ou au Corporate, a fortiori quand vous élaborez une vision et qu’il faut emmener les équipes avec vous. L’intelligence collective est essentielle pour générer de l’engagement, avec ses notions d’honnêteté, d’écoute, de remise en question et de construction.

* Responsable de la plateforme d’Innovation Corporate "Chimie du renouvelable" chez Solvay jusqu’en 2016, François Monnet a déjà plusieurs vies derrière lui. Physicien, mathématicien et expert en intelligence artificielle, cet ancien joueur de rugby se bat avec succès pour développer la chimie du végétal en France.  

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Solvay est un groupe de matériaux avancés et de chimie de spécialités, engagé dans le développement de solutions répondant aux grands enjeux sociétaux. Solvay innove en partenariat avec ses clients dans divers marchés finaux tels que l'aéronautique, l'automobile,  les batteries, l’électronique et la santé, ainsi que dans l’extraction minière de gaz et pétrole, contribuant ainsi à combiner efficacité et durabilité. Ses matériaux d’allègement participent à une mobilité plus durable, ses formulations favorisent l’optimisation des ressources et ses matériaux de haute performance contribuent à l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau. Le Groupe, dont le siège se trouve à Bruxelles, emploie environ 26,800 personnes dans 61 pays. Solvay a réalisé un chiffre d'affaires de 10,1 milliards d'euros dont 90 % dans des activités où il figure parmi les trois premiers groupes mondiaux, qui se traduit par une marge d’EBITDA de 22%. Solvay SA (SOLB.BE) est coté à la bourse Euronext de Bruxelles et de Paris (Bloomberg : SOLB.BB- Reuters : SOLB.BR) et aux États-Unis, ses actions (SOLVY) sont négociées via un programme ADR de niveau 1. Les données financières tiennent compte de la cession  annoncée de Polyamides.