Jean-Christophe-Castaing

 

Quand avez-vous décidé de devenir chimiste ?

Diplômé de Centrale Paris, c’est suite à une rencontre que ma vie professionnelle a basculé. Durant un stage assez traditionnel sur la physique du solide, j’ai reçu une proposition pour une thèse dans le domaine de la “Matière Molle”, une science qui m’était tout à fait étrangère. Guidé par l’envie de découvrir ce domaine avant de prendre une décision, je me suis lancé en allant suivre un cours au Collège de France sur les adhésifs et les systèmes d’encapsulation,... Ce cours passionnant était donné par un certain Professeur Pierre-Gilles de Gennes, peu de temps avant qu’il ne reçoive son Prix Nobel. Avec ses mots, ces systèmes apparemment traditionnels devenaient des objets fascinants sur lesquels tout restait à faire en termes d’innovation. Cela a été le point de départ de ma carrière dans le domaine de la “Matière Molle”.

Quand avez-vous commencé à travailler chez Solvay ? 

A l’issue de cette thèse sur les systèmes liquides dispersés transformés en élastomères renforcés,  j’ai intégré le groupe Solvay, où j’ai occupé différentes positions. Ma mission actuelle consiste à accompagner le lancement de nouveaux projets de la GBU, tisser des liens avec le monde extérieur et travailler sur des projets propres dans le domaine de l’agro

Pouvez-vous citer quelques temps forts dans votre carrière ?

Une expérience particulièrement marquante au cours de ma carrière a été de pouvoir suivre le cheminement d’une idée, depuis sa genèse dans des laboratoires Corporate jusqu’à sa matérialisation chez nos clients. Il s’agit de la mise sur le marché d’un traitement de semences qui stimule le développement des plantes.

Mais plus que ces jalons techniques, ce sont surtout les personnes qui ont rendu possible cette aventure unique.

Quels sont vos principaux domaines d’expertise ? 

Ma principale expertise se situe naturellement dans le domaine de la Matière Molle et des formulations, qui sont le langage commun permettant d’appréhender les nombreuses propriétés des liquides complexes que l’on retrouve transformés dans une série d’applications du quotidien comme les shampoings, les peintures,...  

Tout l’enjeu de cette science réside dans la compréhension des différents composants d’une formulation liquide afin de les faire co-exister et que chacun apporte sa note aux propriétés finales désirées. Pour la peinture par exemple, l’important est de piloter la coexistence puis l’assemblage de chacun des constituants pour construire les propriétés du film une fois qu’il aura séché. 

C’est ici que mon expertise prend tout son sens, tant les étapes qui relient les propriétés de la molécule de départ jusqu’à celles du produit final sont nombreuses et complexes. Par ailleurs, cette expertise revêt une importance clé pour Solvay et ses GBUs, tant elle s’applique à divers segments de marché, comme les revêtements, le pétrole et le gaz, l’extraction minière, les formulations industrielles, l’agrochimie, les produits ménagers et de soins,...

Pensez-vous qu'il est important de collaborer avec d'autres scientifiques 'senior' ? 

Etre un scientifique 'senior', c’est en quelque sorte se faire l’apôtre de la créativité. C’est le défi de créer des opportunités pour le Groupe  en “brainstormant”, en échangeant des idées et en imaginant des projets innovants et de rupture, partant presque d’une page blanche. C’est une mission terriblement stimulante pour un scientifique.